Le mangeur, la montagne
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Patrimoine naturel et culturel

Développement durable : encore plus important en montagne qu’ailleurs

4- Politique et outils au niveau européen

Au niveau de l’Union Européenne, la mise en valeur durable des montagnes pour protéger leurs éco-systèmes fragiles et maintenir sur place les populations montagnardes en leur permettant de garder des conditions de vie décentes est l’un des objectifs des politiques européennes, notamment la politique agricole commune et plus particulièrement de ce qu’on appelle son « second pilier » consacré au développement des régions défavorisées parmi lesquelles les zones de montagne qui ont à compenser des handicaps géo-climatiques et qui font face très souvent à des problèmes de dépopulation. Les enjeux sont donc de développement durable et de développement territorial.

Euromontana, pour promouvoir des montagnes vivantes

Une association européenne, Euromontana, se consacre au développement des territoires de montagne et a pour vocation de promouvoir des montagnes vivantes en oeuvrant pour le développement global et durable par l’échange d’informations et d’expériences, la réalisation et l’encadrement d’études et de projets, la collaboration avec les institutions européennes sur les problématiques liées à la montagne. Les origines d’Euromontana remontent à un séminaire organisé par la FAO en 1953 sur l’agriculture de montagne qui donna lieu à deux conférences annuelles sur la montagne et à un groupe de travail permanent chargé des questions socio-économiques en montagne créé en 1974 par la Confédération Européenne de l’Agriculture (CEA) et appelé Euromontana. Aujourd’hui Euromontana regroupe 72 organisations de 18 pays d’Europe : agences de développement et de protection de l’environnement, collectivités territoriales, organisations agricoles, centres de développement rural, instituts de recherche, entreprises… 
Les questions liées à la filière agro-alimentaire et au développement territorial figurent en tête des priorités d’Euromontana. Notamment :

  • Une charte définissant les produits agro-alimentaires de montagne de qualité, fruit de plusieurs années de recherche et de travail d’Euromontana avec notamment les organisations professionnelles agricoles et l’Association Européenne des Elus de Montagne, a été signée en 2005 au Parlement Européen.
  • Euromontana est le point focal régional pour l’Europe du projet ADRD-M (en anglais SARD-M) coordonné par la FAO sur l’agriculture et le développement rural dans les zones de montagne, un projet au service des populations montagnardes. Que signifie ADRD-M (Agriculture et Développement Rural Durable en Montagne) pour la FAO ? La FAO décrit ainsi le fondement de ce projet : « L’agriculture et le développement rural sont durables lorsqu’ils sont écologiquement rationnels, économiquement viables, socialement justes, culturellement appropriés, humains et fondés sur une approche scientifique globale. Par nature, l’agriculture et le développement rural durables concernent non seulement l’agriculture mais aussi les ressources naturelles, l’environnement, la santé, les institutions, l’économie et le social. »

 

La CIPRA pour rechercher des solutions transnationales aux problèmes rencontrés dans l’arc alpin

 

On peut difficilement parler de montagne en Europe sans parler des Alpes : l’arc alpin s’étire sur 1 100 kilomètres, traverse huit Etats et regroupe 13 millions d’habitants. Une convention internationale, la Convention alpine, vise à assurer la protection et le développement durable de la chaîne alpine. Résultat d’années de concertation sous l’égide de la Convention Internationale pour la Protection des Alpes (CIPRA), elle a été signée en 1991 à Salzbourg par l’Autriche, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Liechtenstein, la Suisse et l’Union Européenne et en 1993 par la Slovénie. Elle est entrée en vigueur en 1995. La CIPRA est une organisation faîtière non gouvernementale dotée de représentations dans les pays alpins, elle regroupe plus de cent associations et organisations des pays alpins. Cherchant à concilier les intérêts écologiques, économiques et sociaux, elle travaille au développement durable des Alpes : préservation du patrimoine naturel et culturel et de la diversité régionale, recherche de solutions transnationales aux problèmes rencontrés dans l’espace alpin. Parmi ses initiatives ou réalisations récentes :

  • le lancement du Pacte sur le climat pour les Alpes lors de la deuxième semaine alpine à l’Argentière-la-Bessée en Juin 2008, préparant le Plan d’action contre le changement climatique qui sera adopté en 2009 lors de la Xème Conférence Alpine,
  • le projet de gestion de savoirs « Avenir dans les Alpes » dont les résultats ont été publiés en 2008 dans l’ouvrage « Nous les Alpes », a mobilisé 40 experts internationaux pendant 3 ans. Il réunit 150 projets réussis, 240 publications pertinentes et 6 rapports thématiques, entre autres sur la création de valeur régionale, les espaces protégés, le tourisme et les loisirs, l’effet et le développement de politiques et d’instruments de développement durable.

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