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Montagne durable et élevage : de vrais atouts à préserver
1- Durable : un objectif à inscrire dans la spécificité des territoires
Les indicateurs sont une chose – des outils pratiques et par définition simplificateurs - et la réalité des territoires et des populations de ces territoires en sont une autre. Les spécificités des territoires de montagne en donnent une illustration particulièrement emblématique et montrent comment la plupart des problématiques liées au développement durable ne peuvent pas être posées de la même façon partout sur la planète. Leur analyse et leur traitement font appel à plusieurs disciplines scientifiques et à une masse considérable de connaissances récentes et encore insuffisantes. Raison de plus pour se méfier de la tendance de l’esprit humain à penser de façon binaire et à chercher à des problèmes infiniment complexes des solutions extrêmement simples voire magiques...
En montagne, agriculture, élevage et transformation des produits agro-alimentaires occupent une place particulièrement importante et positive en termes de développement durable. Pourtant, parfois, l’évaluation de ces activités n’échappe pas à des biais de raisonnement qui résultent d’une simplification des problèmes et des solutions. S’il est vrai que les ruminants émettent du méthane, il faut prendre aussi en considération le rôle des prairies dans le stockage du carbone, le rôle de l’élevage dans l’entretien des paysages et le fait que l’herbe est souvent la seule production agricole possible. Sans oublier un autre enjeu de la durabilité : celui qui consiste à maintenir vivants des territoires où les problèmes de déprise sont souvent importants et où, les coûts de production étant en montagne plus élevés qu’ailleurs, le maintien de la population passe par la notion de commerce équitable, c’est à dire une répartition convenable de la valeur ajoutée tout au long de la chaîne de production, transformation et distribution des produits agro-alimentaires. Car qu’est-ce que la durabilité pour un territoire sinon, comme le déclarait récemment Marie-Pierre Arlot, Responsable de l’Unité de Recherche Développement des Territoires Montagnards au Cemagref à Grenoble, « rester maître de son développement et de son devenir » ?


