Le mangeur, la montagne
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Patrimoine naturel et culturel

Montagne durable et élevage : de vrais atouts à préserver

2- Effet de serre : la contribution de l'ensemble ruminants/prairies est neutre

On ne le sait pas suffisamment et cela a été démontré récemment par les scientifiques au niveau français et européen : si les vaches émettent du méthane, les prairies stockent le carbone ! Quand on parle de la contribution de l’élevage bovin à l’effet de serre et au réchauffement de la planète, le critère pertinent à prendre en considération est en effet un ensemble comprenant les ruminants et les prairies. Un ensemble indissociable : en effet, il ne resterait guère de prairies sans ruminants pour les valoriser…

 

Quand on parle des gaz à effet de serre, on regroupe principalement sous ce terme :

  • le dioxyde de carbone (CO2), qui contribue pour 60 % à l’effet de serre due aux activités humaines,
  • le méthane (CH4), qui y contribue pour 20 %,
  • l’oxyde nitreux (N2O), qui y contribue pour 6 %.

 

On parle beaucoup à propos de l’élevage des émanations de méthane dues à la rumination des vaches, le rumen étant un fermentateur naturel et étant à l’origine de rots (et non de pets) par lesquels les vaches rejettent du méthane. Mais les vaches et autres ruminants ne sont pas les seules sources d’émission de méthane : outre l’élevage, y contribuent notamment les rizières, étangs et autres zones humides (par ailleurs très favorables à la biodiversité), ainsi que la production de gaz naturel et de charbon.

 

Le biais de raisonnement, que n’évite pas le récent rapport de la FAO (L’ombre de l’élevage sur la planète, 2006), consiste à considérer seulement les émissions de méthane sans les mettre en balance avec le rôle essentiel que jouent les prairies pour le stockage du carbone. L’ensemble prairies/ruminants a une contribution nette neutre à l’effet de serre comme l’avait montré l’Expertise Scientifique Collective de l’Inra (Rapport Arrouays) en 2002 et comme viennent de le confirmer les résultats du projet de recherche européen GreenGrass publiés en 2007.    

 

Des mesures effectuées par plusieurs équipes de l’Inra sur le site de Laqueuille dans le Puy de Dôme montrent que les prairies pâturées stockent en moyenne de 0,7 à 1 tonne de carbone par hectare et par an avec un stockage plus fort - paradoxalement pour le sens commun - en gestion intensive qu’en gestion extensive. Les prairies de moyenne montagne en France sont de véritables « puits de carbone », au point que Marion Guillou, Présidente Directrice Générale de l’Inra déclarait récemment qu’il serait justifié d’envisager de rémunérer les agriculteurs pour ce service écologique.    

 

Ce qu’il faut comprendre, c’est que « si les ruminants émettent du méthane, c’est en lien avec la capacité qu'eux seuls possèdent (avec les termites) à valoriser les végétaux riches en fibres (cellulose) tirés des prairies qui ne pourraient être mises en valeur autrement ». Autrement dit, seuls les ruminants parce qu’ils ont plusieurs estomacs (ils sont plurigastriques) sont capables de transformer en aliment (en viande ou en lait) des végétaux sans valeur nutritive pour l’homme (qui, lui, est monogastrique). A noter également que, comme le précise André le Gall, Chef du Service Conduite et Traite des Troupeaux Laitiers à l’Institut de l’Elevage, le bilan pour l’effet de serre d’une prairie qui serait retournée pour faire des agro-carburants ne deviendrait positif qu’au bout de 50 ans.

   

Vache paturant
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