Le mangeur, la montagne
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Patrimoine naturel et culturel

Montagne durable et élevage : de vrais atouts à préserver

3- Pas de compétition pour l'usage du sol quand l'herbe est la seule production possible

Une autre erreur particulièrement saillante en ce qui concerne la montagne et l’élevage porte sur la compétition pour l’usage des sols en agriculture. Il ne s’agit pas de nier la difficulté de l’enjeu qui consistera à nourrir les 9 milliards d’habitants qui peupleront la planète en 2050 selon les projections démographiques alors que près de 900 millions sur une population actuelle de 6,5 milliards actuels ne mangent pas à leur faim et avec une surface agricole moyenne disponible par habitant en diminution constante. Mais les indicateurs sont une chose et la réalité des territoires et des populations de ces territoires en sont une autre. Or, en montagne (pas seulement en montagne mais en montagne plus qu’ailleurs), l’herbe est souvent la seule production végétale possible en raison de la pente et du climat. De plus, les troupeaux « tiennent les paysages » et l’élevage et la transformation des produits de l’élevage, lait et viande, sont sources d’emplois directs et indirects, de revenus et maintiennent de la vie dans des territoires où la dépopulation est préoccupante depuis la fin du XIXème siècle.

 

L’histoire montre que le bon usage de la terre en montagne entre forêts et pâturages a fait l’objet de débats et de législations en France depuis le XVIIème siècle et qu’une loi de 1860 imposant le reboisement volontaire ou autoritaire à des fins de meilleure gestion des eaux pluviales ou des eaux provenant de la fonte des neiges fut très mal accueillie par les populations locales, y compris sous forme de révoltes armées si bien qu’une loi complémentaire fut édictée permettant de substituer l’engazonnement aux plantations chaque fois que c’était possible. Et il fut constaté qu’un usage pastoral du sol correctement géré pouvait être compatible avec les exigences écologiques.

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