Le mangeur, la montagne
Le mangeur, la montagne
imprimer

Patrimoine naturel et culturel

Pâturages, paysages, environnement et patrimoine

1- Evolution du concept de patrimoine

La notion de patrimoine s’est imposée dans le grand public, en France comme dans le monde, au tournant des années 1970-1980 : c’est à ce moment là, dans un contexte de profondes transformations économiques et sociales, que la conservation et la transmission des héritages matériels mais aussi immatériels revêtent, dans la culture occidentale au moins, un enjeu mémoriel et identitaire de plus en plus affirmé.

 

Le patrimoine matériel et immatériel : définitions de l’Unesco

 

C’est exclusivement au patrimoine matériel que s’applique la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel adoptée en 1972. Sa caractéristique la plus originale est de réunir dans un même document les notions de protection de la nature et de préservation des biens culturels, reconnaissant l’interaction entre l’être humain et la nature et le besoin fondamental de préserver l’équilibre entre les deux. Elle définit le genre de sites naturels ou culturels susceptibles d’être inscrits sur la liste du patrimoine mondial, autrement dit reconnus comme ayant une valeur universelle exceptionnelle.

 

La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ou patrimoine vivant a fait l’objet d’une autre convention adoptée en 2003 et entrée en vigueur en 2006. Ce patrimoine concerne autres les traditions et expressions orales, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers, les savoir-faire liés à l'artisanat traditionnel. C’est au titre de cette convention qu’a été évoquée en 2008 la candidature de la France pour faire inscrire sa culture culinaire dans la « Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ». Auparavant, avait été créée une liste des chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité qui a fait l’objet de trois proclamations en 2001, 2003 et 2005. Cette liste est close, la Convention de 2003 stipulant qu’il n’y aura plus de proclamation après l’entrée en vigueur de la Convention et que les chefs d’œuvre seront intégrés dans la liste représentative dont les critères et les procédures d’inscription devaient être approuvés par l’Assemblée Générale des Etats présents à la Convention du 16 au 19 juin 2008 à Paris.

 

Il est intéressant de regarder de plus près la définition du patrimoine culturel immatériel et de noter qu’il est aussi appelé  « patrimoine culturel vivant ». L’Unesco le présente comme le creuset de la diversité culturelle et fait de sa préservation le garant de la créativité permanente de l’homme. Il réunit en effet les pratiques, représentations et expressions, les connaissances et savoir-faire que les communautés et les groupes et, dans certains cas, les individus, reconnaissent comme partie intégrante de leur patrimoine culturel.

L’Unesco souligne également fort justement que le patrimoine culturel immatériel est à la fois traditionnel et vivant dans la mesure où :

  • il est transmis de génération en génération,
  • il est recréé en permanence par les communautés et les groupes, en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire,
  • il procure aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité,
  • il contribue à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine,
  • il est conforme aux exigences de respect mutuel entre les communautés et de développement durable.

N. B. Tous les crédits et les références bibliographiques figurent respectivement dans les Mentions légales et dans Ressources documentaires Logo OCHA