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Des « sauvages » aux admirables montagnards
3 - La pratique de la montagne : incorporer la Nature à travers la Marche et la Nourriture
Le retour à la vie simple et naturelle des origines prôné par les philosophes et la célébration de la beauté et du calme de la montagne par les voyageurs et premiers alpinistes se traduisent dès le XVIIIème siècle dans la pratique, au moins pour un petit nombre de privilégiés.
Ainsi, la marche s’impose comme un rite qui permet au corps et à l’esprit de retrouver leurs forces naturelles. Comme le soulignent Gérald Berthoud, Bernard Crettaz et Yvonne Preiswerk , la marche constitue un symbole très puissant : « on ne comprendrait pas l’écho extraordinaire donné à l’ascension du scientifique H.B. de Saussure en montant au Mont Blanc. La marche, c’est le symbole du conquérant de la Nature ».
Du pique-nique au déjeuner sur l’herbe, le repas dans la Nature est un véritable rite nouveau, il permet d’incorporer la Nature sous la forme cultivée de la Nourriture.
Le thermalisme, médecine naturelle de la montagne, du « bon air », de l’altitude et du soleil, va prendre un essor insoupçonné.
La pratique de l’agriculture par des citadins, rois, seigneurs et bourgeois qui jardinent, conduisent la charrue ou pratiquent la bergerie comme la laiterie est une manie du XVIIIème siècle, une « agromanie ». C’est l’époque de la « maison aux champs » à laquelle on adjoint des laiteries et des chaumières, soit que l’on fait habiter par de vrais paysans, soit que l’on joue soi même au paysan.
La simplicité naturelle de la fête campagnarde est le symbole du nouveau contrat social, elle est décrite dans la Nouvelle Héloïse de Rousseau.
1 - Des montagnards longtemps perçus en marge de la civilisation2 - XVIIIème siècle : Le berger et le philosophe ou l'éloge de la vie simple3 - La pratique de la montagne : incorporer la Nature à travers la Marche et la Nourriture4 - Ville et montagne : des relations complexes d’attirance et de rejet


