Le mangeur, la montagne
Le mangeur, la montagne
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Fascination de la montagne

La montagne, lieu de tous les dangers

1 - Un monde de sauvages pour la civilisation gréco-romaine

Pour les Grecs de l'Antiquité, celui qui ne vit pas dans la cité est du côté de la sauvagerie. A plus forte raison, les montagnards ne peuvent être que grossiers, difformes et sentir mauvais, d'autant plus qu'ils sont décrits comme vêtus de peaux de bêtes et d'un bonnet de fourrure.

Alexandre, selon Arrien, se serait adressé à ses troupes en ces mots : « Philippe vous a donné des manteaux au lieu des peaux de bêtes ; il vous a fait descendre des montagnes vers les plaines. (...) Il a fait de vous des citadins et vous a pourvu de bonnes lois et de bonnes coutumes. »

Les hautes montagnes sont également perçues comme le domaine des pillards et des sauvages échappant à la raison. Cette sauvagerie selon Strabon est accentuée par l'altitude : ceux qui habitent les sommets sont les moins évolués et les plus assimilés aux pillards et aux brigands, on est ici « face à deux mondes qui s'opposent avec, d'un côté des populations marginalisées et exclues dans leurs montagnes inhospitalières et, d'autre part des citoyens évoluant au sein du pouvoir structuré des Etats ».    

Chez les Romains, la perception de la montagne est tout aussi péjorative. C'est une nature difficile à soumettre en raison des conditions climatiques et naturelles difficiles à supporter et la présence de populations présentées comme sauvages et dures, aux moeurs grossières et à l'esprit obnubilé par la violence. Pour Tite-Live, ce sont des populations farouches, violentes, cruelles, des hommes « chevelus et sales », proches de l'animalité et suscitant l'horreur.

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