Le mangeur, la montagne
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Fascination de la montagne

La montagne terrain de sport

1 - Ascensions et randonnées : d’abord un tourisme d’été

Des visiteurs par milliers à Chamonix dès le début du XVIIIème siècle

Moins de cinquante ans après la découverte en 1741 des « glacières de Savoie » par les Anglais Windham et Pocoke, Charles Durier dans son ouvrage sur le Mont Blanc note l'évolution du tourisme dans la vallée de Chamonix : en arrivant au Prieuré, le voyageur trouvait trois auberges vastes et commodes qui recevaient 1 500 visiteurs en 1783, encore davantage l'année suivante ; la population était passée de 2 à 3 000 personnes, dont 1 200 habitaient le Prieuré, et la plupart des hommes jeunes et valides abandonnaient le métier de cristallier et de chasseur pour l'état de guide ou de porteur, moins périlleux et plus lucratif.

« Par un singulier retour, ce qui avait longtemps fait de la contrée un objet d'horreur devenait une abondante source de profit , note Charles Durier qui ajoute : « Il semblait qu'un coup de baguette magique opérant à l'inverse des sortilèges où se complaisaient les vieilles légendes eut changé ces lieux ingrats en un sol fécond. »    

Quelques années plus tard : « Le flot des touristes reprit son cours quand l'Europe eut retrouvé la paix. La vallée de Chamonix compta ses visiteurs non plus par centaines mais par milliers ». Ce fut « une invasion », écrit Charles Durier. On est dans les années 1815.    

XIXème siècle : l'ascension se démocratise et s'ouvre même aux jeunes femmes

A partir du XIXème siècle, la montagne, de terrain d'exploration scientifique, devient un terrain de jeux pour sportifs, amateurs d'ascension ou de randonnées. Le même Charles Durier note : « Une ascension n'est plus, pour ces jeunes gens, une promenade d'artiste, mais un exercice de gymnastique, un sport particulier qui captive et passionne ».    

Un sport auquel sont même admis les jeunes femmes, au nombre desquelles ont peut citer Maria Paradis, qui conquis le Mont Blanc en 1809, Mademoiselle d'Angeville ou encore Miss Brevoort et Madame Denise Sylvain-Couttet.

Si ascension et randonnées sont à la mode au XIXème siècle, encore faut-il noter que ces activités ne se pratiquent qu'à la belle saison. L'hiver, la montagne est désertée de ses visiteurs. En 1898, le manuel des voyageurs de Baedeker sur la Suisse et les parties limitrophes de la Savoie et de l'Italie, n'évoque aucune activité l'hiver.

Il faut néanmoins noter que la vallée du Mont Blanc est très tôt devenue une source de curiosité. Il n'en va pas de même de toutes les vallées alpines, dont certaines resteront longtemps ignorées du visiteur.

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