Le mangeur, la montagne
Le mangeur, la montagne
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Fascination de la montagne

Montagne, source d'effroi et d'émerveillement

1 - Quand des alpinistes britanniques découvrent la Mer de Glace

Confrontés à des paysages de montagne inconnus et effrayants à leurs yeux, les voyageurs les comparent à des océans déchaînés inspirant d'abord la terreur. En 1687, Maximilien Misson parle des « vagues enflées et écumantes d'une mer extraordinairement courroucée »    , puis l'émerveillement.
Richard Windham, le découvreur des « glacières de Chamouni (Chamonix) » avec son compatriote britannique Richard Pocoke en 1741, note : « De là, nous avions une pleine vue de la glacière. Je vous avoue que je suis extrêmement embarrassé à vous en donner une idée juste. (...) Il faut s'imaginer un lac agité d'une grosse bise et gelée tout d'un coup ».    

Pour H.B. de Saussure, grand découvreur du Mont Blanc, la surface du glacier vue du Montenvert ressemble à celle d'« une mer qui aurait subitement gelé à l'instant où le vent s'est calmé ».    

Pour Raymond de Carbonnières, le glacier est parfois un détroit resserré, plus loin une mer immense sillonnée par de vastes ondes, ailleurs, le long d'un étroit vallon, un « torrent furieux dont les flots se pressent et se poursuivent ».    

Ainsi, quand l'impératrice Marie-Louise se rend en excursion dans les Alpes, les glacières de Savoie sont devenues la Mer de Glace et le Baron de Meneval qui en fait le récit raconte : « Nous fûmes éblouis par le spectacle qui s'offrit à nos yeux. Nous avions sous nos pieds une longue vallée blanche, le lit d'un fleuve immense arrêté dans son cours, ou plutôt une mer immobile, tourmentée par des vagues immenses qu'une congélation subite aurait surprise ».    

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