Le mangeur, la montagne
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Ici commence la montagne

Des définitions pour la montagne

1 - La montagne des dictionnaires

Etymologie : seul le relief semble pris en compte

Voici l’étymologie du mot « Mont » d’après Le Petit Robert, dictionnaire de la langue française : « Ce mot est issu du latin, montem, accusatif de mons, montis « mont, montagne » (cf. roum. munte, it., esp. et port. monte, occ. et cat. mont), rattaché à la racine indo-européenne °men- «être saillant» présente dans mentum «menton» et minæ » sailllies » (-> mener*) ou dans le breton menez «montagne». La famille latine a fourni montagne (et montagneux, montagnard), monter (et montant, montée, monte, montage, montaison, montoir, monture, démonter, remonter et surmonter), monceau (et amonceler ainsi que les toponymes Monceau, Moncel, Montceau), monticole, monticule, montueux, ultramontain, tramontane (de l’it.), et peut-être promontoire. Mont a formé amont (à mont « vers montagne ») et piémont (-> pied*). L’anglais a emprunté mountain (XIIIe s., de l’a. fr. montaigne), puis to mount (XIVe s.).»

Cette notion d’élévation associée à la montagne marque profondément les auteurs classiques. Par exemple dans sa Géographie Royale présentée au très chrétien Louis XIV, le père Philippe Labbe, de la Compagnie de Jésus, notait en 1681 : « Mom, mon ou mont, joints avec plusieurs noms substantifs signifie le meime que montagne, colline, butte ou hauteur. »

Dictionnaires : haute montagne et montagne à vaches

Le Petit Larousse Illustré, Edition 2000, donne pour définition du mot « Montagne » : « Elévation naturelle du sol, caractérisée par une forte dénivellation entre les sommets et le fond des vallées ». Et il poursuit, avec un brin de condescendance : « Montagne à vaches, peu élevée et dont l’ascension ne présente aucune difficulté ».

Depuis plusieurs siècles, les dictionnaires insistent sur l’ampleur des massifs montagneux et sur l’altitude. C’est ainsi que les éditions successives du Dictionnaire de l’Académie Française proposent comme définition :

  • Edition de 1694 : « Grande masse de terre ou de rochers fort élevée au dessus de la campagne. »
  • Edition de 1762 : « Grande masse de terre ou de roches fort élevée au dessus du reste de la surface de la terre. »
  • Edition de 1798 et de 1832 : « Grande masse de terre ou de roches fort élevée au dessus du terrain qui l’environne. »
  • Edition de 1932 : « Mont : grande masse de terre ou de roche élevée au-dessus du terrain qui l’environne. Montagne a aussi le sens général de région élevée où l’on séjourne pour son plaisir ou pour sa santé. »
  • Edition de 1986 : « Suite de monts, de hauts sommets, de vallées qui occupent une vaste étendue. Région de hauts-reliefs par opposition à la plaine. »

Ces définitions ont été reprises par Le Littré et la plupart des dictionnaires depuis. Le Littré : « Montagne : suite de monts qui se tiennent l’un à l’autre » et « Mont : grande masse de terre et de roche élevée au dessus du terrain qui l’environne. »

Le petit Robert, dictionnaire de la langue française, 2002 : « Montagne : importante élévation de terrain. Les montagnes : ensemble de montagnes (chaîne, massifs) ; zone, région de forte altitude (opposé à la plaine). »

Trésors de la langue Française : « Montagne : forme de relief consistant en élévation importante de terrain, résultant d’un soulèvement du sol et caractérisée par une forte dénivellation entre sommets et fond de vallée. »
Rien donc dans la plupart des dictionnaires sur ce qui caractérise le milieu montagnard, rien non plus sur la diversité des milieux montagnards, rien enfin sur ces espaces intermédiaires qui pourraient s’intercaler entre plaine et montagne.

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