Le mangeur, la montagne
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Ici commence la montagne

Des définitions pour la montagne

4 - La montagne des géologues

Au fur et à mesure que se poursuit l’exploration des montagnes - et tout particulièrement des Alpes - le géographe cherche à dresser une typologie - fondée sur des critères géologiques - plutôt qu’à proposer une définition qui permettrait de répondre à la question : « où commence la montagne ? »

Dans son Précis de géographie universelle, Tome III, 1837, Malte Brun considère que « la géographie ne doit point chercher dans les reliefs et les inflexions du terrain seul, les points de réunion ou de séparation des montagnes » et que  « la nature et la composition des roches qui les constituent, et dont la connaissance est maintenant indispensable à celui qui ne voudra point se traîner dans l’ornière tracée par les anciens géographes, doivent servir aussi à déterminer leur circonscription ou leur filiation ».

Géologue et paléontologue, prêtre jésuite, inlassable chercheur et auteur d’une œuvre immense sur le thème central de l’évolution, Pierre Teilhard de Chardin     est fasciné, au-delà du relief extérieur des montagnes, par leur véritable secret qui est « leur substance, leur étoffe même ».

« Tout le monde, de nos jours, a vu des montagnes. Tout le monde au moins une fois dans sa vie, a voulu jouir de leur pittoresque ou de leur âpreté. Mais parmi la foule de ceux qui, chaque année visitent les régions accidentées de notre pays, combien en est-il qui rapportent de leurs excursions autre chose que le souvenir de belles ondulations et de crêtes abruptes, enveloppées de sapins et tapissées de bruyères.
Combien, en parcourant les Vosges, les Alpes ou les Pyrénées, se sont douté du véritable secret enfermé dans ces lieux exceptionnels ?
Pour les gens avertis, les parties montagneuses du globe prennent un aspect bien plus extraordinaire, elles revêtent une personnalité tout autre que pour de simples touristes. »
Au regard du géologue, non seulement le relief extérieur des montagnes est admirable, mais leur substance, leur étoffe même, est particulière,
si particulière qu’il suffit souvent de lui en présenter un petit fragment, recueilli au loin, pour qu’il n’hésite pas à dire immédiatement : « Cette pierre a été détachée d’une montagne ».

Qu’est-ce qui caractérise donc la matière dont sont faites les montagnes ? Il y a quatre choses surtout : la nature marine des sédiments dont le durcissement a formé les couches rocheuses ; l’épaisseur étonnante de ces dépôts pétrifiés ; la transformation fréquente de la masse originellement boueuse en véritables roches cristallisées ; et le plissement, souvent l’écrasement inimaginable subis ultérieurement par cet énorme accumulation de pierres. »

Alpes du Sud
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