Le mangeur, la montagne
Le mangeur, la montagne
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Ici commence la montagne

Les montagnards, ceux d'en haut

2 - De la surpopulation au déclin démographique

Contrairement aux idées reçues, au XVIIème et au XVIIème siècle, l’espérance de vie dans les montagnes européennes est plus élevée dans les hautes vallées qu’en plaine et surtout la mortalité infantile est
moindre.     Il en résulte un fort accroissement naturel de la population. La population de la Savoie passe ainsi de 337 184 habitants en 1723 à 564 137 habitants en 1838, un mouvement qui se poursuivra jusque dans les années 1850.    

La surpopulation génère, à partir des années 1850, une véritable crise économique, d’autant que nombre de massifs montagneux ont été sur-exploités : déforestation massive, dégradation des pâturages, érosion des sols.

A l’émigration temporaire se substitue une émigration définitive : de plus en plus de Savoyards et d’Auvergnats s’installent à Paris, de Bas Alpins ou de Pyrénéens au Mexique ou en Argentine. Entre 1850 et 1911, les Basses Alpes ont perdu 31% de leurs habitants, l’Ariège dans les Pyrénées, 26%.

Ce mouvement ne cessera de s’amplifier : « De 4 millions d’habitants au milieu du XIXème siècle, la population de la montagne Française stricto sensu est passé à 2,3 millions d’habitants en 1975 et sa part dans la population française totale passant de 11,3% à 4,4% »    . En Savoie, la Haute Maurienne comptait par exemple 7 711 habitants en 1861, 2 951 en 1975.

Si, aujourd’hui, le déclin démographique semble arrêté, c’est surtout en raison de la croissance des communes périurbaines. Ailleurs, bon nombre de communes ne comptent pas plus du tiers de leur population de 1870.

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