Ici commence la montagne
Les montagnards, ceux d'en haut
4 - Morphotype, physiotype des montagnards
Existe-t-il un morphotype (caractères physiques) et un physiotype (fonctionnement des organes) spécifiques aux montagnards, et qui démontreraient que ces populations se sont adaptées aux conditions spécifiques du milieu et en particulier à la raréfaction de l’oxygène (hypoxie), principale cause du « mal des montagnes » que connaissent bien les touristes ?
Qu’il s’agisse des massifs des montagnes euro-asiatiques (partie nord des Pyrénées, Massif Central, Alpes, Carpathes, Balkans et Caucase) , des Andes ou de l’Himalaya , une caractéristique commune à toutes les populations de montagne est de présenter un volume thoracique très augmenté par rapport aux populations de plaine. Cette particularité permet une diminution de la ventilation pulmonaire, compensant la baisse de la pression d’oxygène atmosphérique.
Au niveau cardiaque, le débit coronaire et la consommation d’oxygène du myocarde diminuent, le coeur peut se contenter de moins de sang et de moins d’oxygène pour son travail, alors que son rendement mécanique est meilleur. Pour autant, toutes les populations montagnardes, au fil des générations ne se sont pas adaptées de la même façon : les Tibétains par exemple conservent au repos un rythme respiratoire très élevé, alors que les habitants des Andes ont un rythme respiratoire semblable à celui des populations vivant au niveau de la mer ; ils ont également une bien meilleure accélération réflexe de leur rythme respiratoire quand l’oxygène se raréfie.
Reste que le chasseur-cueilleur des plaines a dû fournir un effort considérable pour s’adapter au milieu de la montagne. Cette adaptation s’est poursuivie pendant des millénaires créant des caractéristiques morphologiques et physiologiques spécifiques. Les montagnards, surtout ceux qui vivent à plus de 2 500 mètres d’altitude, semblent bien avoir un morphotype et un physiotype particulier qui leur permettent de supporter de vivre avec moins d’oxygène.


