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Montagne terre d'élevage
D’hier à aujourd’hui : traditions, transitions
1 - Elevage laitier : un déclin maintes fois annoncé
En 1922 déjà, Philippe Arbos dans sa thèse sur La vie pastorale dans les Alpes françaises se préoccupait du déclin de la vie pastorale. Face à ce déclin, il prône le développement des fruitières qui est pour lui « le genre de vie qui permet la meilleure adaptation de l’homme au milieu ».
De 1963 à 1966, l’Aubrac fait l’objet d’un vaste programme de recherche pluridisciplinaire du CNRS réunissant plusieurs laboratoires et une quarantaine de chercheurs. D’un point de vue scientifique, c’était une première : enfin, une recherche ethnographique s’intéressait à la France ! Mais l’Aubrac avait été choisie parce que c’était une société traditionnelle qui, du fait de son isolement et de la rudesse de ses conditions de vie, n’avait pas évolué au même rythme que d’autres régions. Du point de vue des habitants, cette recherche visait à photographier une société en déclin et à recueillir la mémoire d’une région qui se meurt…
« A Paris, on se persuadait que l’Aubrac ne tarderait pas à se transformer en Musée d’Arts et Traditions Populaires où l’on rendrait visite aux derniers cow-boys du Massif Central », écrit Daniel Crozes dans Aubrac, une reine aux yeux noirs. Grâce à la conduite de leur mission, Georges-Henri Rivière, fondateur du Musée des A.T.P., et Corneille Jest, du CNRS, découvrent vite que la population est acharnée au travail et animée d’une réelle volonté de survivre. Et, de fait, les acteurs locaux se mobilisèrent avec succès pour faire revivre le plateau.
En 1966, Annie Reffay soutient une thèse de géographie sur La vie pastorale dans le massif du Chablais : dans son avant-propos, elle indique qu’il lui a paru utile, parce que la vie pastorale définie par Arbos semble au siècle de la rentabilité condamnée au déclin, d’en faire le tableau avant sa disparition complète.


