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Montagne terre d'élevage
D’hier à aujourd’hui : traditions, transitions
3 - Le choix du retour à une tradition revisitée
Dans les années 1960-1970, plusieurs régions françaises ont choisi de fonder leur production laitière et fromagère sur les ressources locales :
- des troupeaux composés d’animaux de races rustiques : Aubrac, Montbéliarde, Tarine, Villarde…
- l’herbe et le foin comme éléments exclusifs ou majeurs de l’alimentation des troupeaux,
- des fromages fabriqués au lait cru,
- des techniques fromagères utilisées traditionnellement.
Vaches : la relance des races locales
Jusqu’aux années 1950, les vaches fournissaient à la fois la viande, le lait et le travail. Le plus souvent, c’est sur leur aptitude à la traction et à l’attelage qu’elles avaient été sélectionnées depuis la fin du XXème siècle. De ce fait, elles étaient devenues plus aptes à produire de la viande que du lait.
« La race a tenu dans son pays, le pays va tenir dans sa race »
Comme l’illustre ce propos du vice-président et fondateur de l’Union Aubrac recueilli par Jacinthe Bessière, docteur en études rurales, ce choix reposait sur la forte conviction que l’avenir de l’élevage était lié au développement du territoire et qu’ils devaient s’appuyer sur les ressources du terroir et sur un recours à une tradition repensée.
Sélectionnée depuis des décennies sur ses qualités bouchères, la race Aubrac a permis de développer un élevage de vaches allaitantes. Pour répondre aux exigences pour la production fromagère, dans un premier temps, il a été fait appel à une autre race rustique, la Simmental, pour reconstituer le troupeau.
Autre exemple, la relance de la race Villarde dans le Dauphiné, dont le lait est particulièrement adapté à la fabrication du bleu de Vercors Sassenage, est également passée par une période transitoire pendant laquelle il a été fait appel à la race Montbéliarde pour améliorer ses capacités laitières. Outre le pillage des vaches pendant la guerre, la villarde souffrait de n’avoir même pas de herd-book, ce registre où sont consignées les caractéristiques de chaque race. Alors que la race Montbéliarde avait son herd book depuis 1889 et les races Tarine et Abondance depuis 1894.
Effectifs des races de montagne au début du XXIème siècle
Parmi les races de vaches de montagne, le quatuor de tête en termes d’effectif en France se compose de :
- la Montbéliarde : 1,8 million, représentant 92 % des vaches de Franche-Comté et dont le lait est transformé en fromage de comté,
- la Salers : 485 000, dont 100 000 dans le département du Cantal,
- l’Aubrac : 286 000,
- l’Abondance : 143 000.
Suivent la Simmental (72 800) et la Brune des Alpes (76 000), cette dernière étant très présente, comme son nom ne l’indique pas, dans le sud du Massif Central et dans les Pyrénées. Ensuite viennent la Gasconne (41 000), la Tarentaise (33 400) et la Vosgienne (10 400). La Ferrandaise, la Villard de Lans, l’Aure et Saint Girons, la Lourdaise et la Béarnaise ne se comptent que par quelques centaines.


