Le mangeur, la montagne
Le mangeur, la montagne
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Montagne terre d'élevage

L’élevage traditionnel des montagnes et hauts plateaux

3 - La transhumance à la fin du XIXème siècle : pas assez de place dans les alpages

Aux longs déplacements à pied, qui n’allaient pas sans générer des litiges, les troupeaux pouvant endommager les cultures, se sont partiellement substitués, surtout pour les troupeaux d’ovins, des déplacements en train ou en camion. Jules Blache note que, dès 1878, la compagnie de chemins de fer P-L-M a consenti des tarifs spéciaux aux transhumants, pratique reprise par la SNCF dans les années 1950. Il en était ainsi dans le Gard en 1950 : « Les troupeaux sont regroupés dans des trains spéciaux de transhumants que la SNCF organise deux fois par semaine au départ des gares d’Arles et de Nîmes : dans ces trains, les troupeaux conservent leur individualité et n’aboutissent pas nécessairement à la même gare destinataire ».

Si la transhumance a atteint son  apogée dans les montagnes européennes à la fin du XIXème siècle, elle perdure toujours dans tous les massifs montagneux et connaît même un véritable regain depuis la loi pastorale de 1972 qui encourage l’organisation collective tant des éleveurs que des propriétaires d’alpages.

La transhumance ovine se pratique dans les deux sens. En ce début du XXIème siècle, ce sont 600 000 ovins qui montent en estive dans les Alpes de Haute Provence (Mercantour, Ubaye, Haut Verdon) ainsi que dans les montagnes méridionales du sud du Dauphiné (Vercors, Briançonnais) et 100 000 ovins qui descendent l’hiver de la montagne vers les plaines.

En Isère, par exemple, les éleveurs ne trouvent plus de place dans les 200 alpages (10 00 bovins, 100 000 ovins), dans la mesure où ils sont tous pleins    . Dans les Pyrénées, la transhumance est encore pratiquée par près de 2 500 éleveurs, et en Corse, elle concerne près de 850 exploitations.

Au delà de son intérêt économique, la transhumance représente un patrimoine historique et culturel identitaire aujourd’hui valorisé dans tous les massifs montagneux, par la restauration des burons et autres fermes d’alpage et par un renouveau des fêtes de la transhumance qu’affectionnent les citadins mais aussi les habitants.

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