Le mangeur, la montagne
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Montagne terre d'élevage

Plaines et montagne : complémentarité et concurrence

2 - Rapports d’intérêts réciproques entre plaine et montagne

Les principales sources de conflits opposaient les transhumants des montagnes à ceux des plaines, venus chercher dans les alpages la nourriture indispensable à leur troupeaux l’été. Pourtant longtemps, dans les hautes vallées, l’introduction des troupeaux étrangers fut une nécessité vitale.

Sans elle, « la plus précieuse ressource des montagnes n’eut été qu’en partie utilisée et surtout (...) l’importance du cheptel tenu par les montagnards se trouva considérablement accru, chacun sait en effet que, la période d’estivage terminée, les bergers provençaux n’étaient pas seuls à déserter la montagne ; les petits éleveurs des hautes vallées, privés de foin pour l’hivernage, prenaient le même chemin que les bayles, poussant comme eux, leurs bêtes du côté des pâturages d’hiver. De ce contact permanent entre petits propriétaires de la montagne et riches nourriguiers de la plaine naquirent des rapports d’intérêts réciproques d’où sortit l’organisation de sociétés de bestiaux, qui introduisent un élément tout à fait original de la vie pastorale de la Haute Provence ».    

Néanmoins, l’accroissement des troupeaux, l’épuisement des sols dus à une conduite du pâturage mal maîtrisée vont créer les conditions d’une concurrence exacerbée entre les communautés montagnardes et les éleveurs de plaine. Des droits d’entrée, souvent prohibitifs, seront institués sur le bétail étranger.    

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